Au Petit Palais pour Nuit Blanche 2026
"Avec le miroir, je mets le monument en mouvement"
Au Petit Palais pour Nuit Blanche 2026
"Avec le miroir, je mets le monument en mouvement"
À l’occasion de Nuit Blanche 2026, Mathias Kiss investit le Petit Palais avec Liquid Mirror, une installation in situ soutenue par la Fondation Loo&Lou pour l’art contemporain.
Formé aux métiers de la peinture, de l’ornement et de la restauration des Monuments historiques, l’artiste déplace depuis plusieurs années les codes classiques vers une œuvre contemporaine où l’artisanat, l’architecture, le reflet et la perception se rencontrent.
Au Petit Palais, monument de 1900, son miroir fragmenté devient une matière fluide, presque numérique, qui dialogue avec l’histoire du lieu autant qu’avec la présence des visiteurs.
François Blanc : vous avez été formé à la peinture, au décor et à la restauration des Monuments historiques. Que reste-t-il aujourd’hui de cette formation dans votre travail d’artiste ?
Mathias Kiss : Tout mon travail actuel découle de cette formation auquel je dois tout, même si j’ai parfois envie de lui tordre le cou !
FB : Avec, vous intervenez au Petit Palais, lieu d’histoire, de décor et de lumière. Comment avez-vous abordé ce dialogue avec l’architecture ?
Mathias Kiss : Tout d’abord, avec un grand respect et une reconnaissance sincère. Apprenti, je travaillais dans ce lieu en restauration, ce qui est par définition l’inverse de la création, j’y reviens avec un œil « libre » en essayant de créer un dialogue et lui rendre hommage.
FB : Votre installation semble faire glisser le miroir de la verticalité vers le sol. Est-ce une manière de rendre le monument plus mobile, plus vivant ?
Mathias Kiss : Exactement, le miroir devient mouvant, vivant, il représente notre époque qui s’infiltre dans le lieu. Il nous oblige à le contempler différemment, le découvrir ou le redécouvrir, j’espère.
FB : Les modules carrés de Liquid Mirror évoquent le pixel. Que vous permet cette rencontre entre langage numérique et patrimoine architectural ?
Mathias Kiss : Le monument du Petit Palais est fascinant, tout est disproportionné, introduire un miroir sous la forme de mosaïque en écho au sol existant me paraissait naturel, créer un pont avec notre époque numérique, était nécessaire pour moi !
FB : Le miroir capte le lieu, la lumière et les visiteurs. Quelle place donnez-vous au public dans cette œuvre en perpétuelle transformation ?
Mathias Kiss : Je souhaite sincèrement que mon intervention ne « remplisse » pas, mais qu’elle soit de l’ordre de la sensation, de la contemplation, que chacun puisse y puiser un souvenir, un regard, un amusement, un clin d’œil ludique ou nostalgique.
J’aimerais beaucoup que les enfants captent dans un petit coin de leur tête ce souvenir, qu’ils y créent des histoires et des souvenirs de lumière, qu’ils retiennent que l’art actuel peut être accessible sans « connaissance » et que le public s’approprie ce miroir, qu’ils deviennent un lien entre passé et monde contemporain.
FB : Nuit Blanche 2026 est placée sous le thème de l’amour. Comment cette idée se manifeste-t-elle dans Liquid Mirror, au-delà de toute représentation directe ?
Mathias Kiss : Liquid Mirror est un lac, une flaque, une intrusion dans un lieu défendu, il permet a chacun de se poser ensemble, autour, de river, de la critiquer, de ne contempler pas lui, mais nous, ensemble. Un rêve d’enfant sans doute d’introduire un bout de nature « sauvage » à l’intérieur, de partager ce rêve. Merci à Barbara Butch pour ce thème apaisant…
FB : Votre œuvre traverse l’art contemporain, l’artisanat, le décor, le design et l’architecture. Ce refus des frontières est-il central dans votre démarche ?
Mathias Kiss : Je n’ai jamais vraiment séparé l’art, l’artisanat, le décor, le design ou l’architecture. Mon parcours m’a appris que ces frontières sont souvent plus institutionnelles que réelles. Une corniche, une dorure, un miroir, un plafond peint peuvent devenir des œuvres s’ils sont déplacés, réinterrogés, rendus autonomes.
Depuis Miroir Froissé, Without 90°, Golden Snake ou Besoin d’Air, j’essaie de faire basculer des savoir-faire classiques dans une pensée contemporaine de l’espace. Ce qui m’intéresse, c’est le moment où le décor cesse d’être décoratif pour devenir un langage critique.
FB : La Fondation Loo&Lou soutient ce projet au Petit Palais. Que rend possible, selon vous, l’accompagnement d’une fondation dans une œuvre in situ ambitieuse ?
Mathias Kiss : Une œuvre comme Liquid Mirror ne peut exister que si plusieurs énergies se rencontrent : un artiste, un lieu, une institution, une fondation, une équipe technique, un public.
La Fondation Loo&Lou accompagne depuis longtemps des projets pour Nuit Blanche, souvent dans des lieux patrimoniaux ou publics. Ce soutien est précieux parce qu’il permet de produire une œuvre ambitieuse, visible, accessible, sans la réduire à un objet.
Pour moi, une fondation peut créer les conditions d’une rencontre : entre un geste artistique, un monument et des visiteurs qui ne seraient peut-être pas venus chercher cette expérience.
FB : Art360 s’intéresse à la médiation et à la réception des œuvres. Qu’aimeriez-vous que les visiteurs ressentent ou comprennent en traversant Liquid Mirror ?
Mathias Kiss : J’aimerais que les visiteurs emportent d’abord une sensation. Qu’ils aient l’impression d’avoir vu le Petit Palais autrement, non comme un décor immobile, mais comme un espace traversé par la lumière, le reflet, le mouvement.
S’ils connaissent mon travail, ils retrouveront peut-être des questions présentes depuis longtemps : le miroir, l’angle, le ciel, l’ornement, la déconstruction des codes classiques. Mais il n’est pas nécessaire de tout savoir.
L’œuvre doit pouvoir agir immédiatement. Elle peut être comprise par le regard, par le corps, par la surprise de se voir soi-même inclus dans le monument.
Atelier Mathias Kiss
151 avenue Jean Jaurès 75019 Paris
ARTISTE PEINTRE, FONDATEUR DE LA SOURCE GAROUSTE
"À La Source, l’art est un levier d’émancipation sociale"
© Jean-François Robert
Peintre majeur de la scène française, Gérard Garouste a fondé La Source Garouste pour faire de la création un levier d’émancipation pour les enfants les plus fragilisés
Il agit à travers des ateliers en binôme artistes–travailleurs sociaux dans les territoires éloignés de l’offre culturelle.
Dans cet entretien avec Art360 by Communic’Art, il revient sur la dimension politique de cet engagement.
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Lire la suite >>>Fondatrice et rédactrice en chef de Artpress
"L’esprit critique est une forme de courage"
© Pascal Ito - Éditions Flammarion
Près de soixante ans après sa fondation, fidèle à sa ligne - bilingue, rigoureuse, curieuse - Artpress continue d’accompagner les artistes au plus près de leurs pratiques, tout en défendant les principes qui fondent sa raison d’être : l’histoire, la pensée critique, la liberté d’expression et la résistance à toute forme de conformisme.
Art 360 : Près de soixante ans après sa fondation, qu’est-ce qui, selon vous, fait la singularité d’Artpress dans le paysage éditorial français et international des revues d’art ?
Catherine Millet : Cette bizarrerie qui consiste à toujours préférer des pratiques artistiques très libres, formellement inventives, soumises au seul imaginaire de leurs auteurs, tout en accordant beaucoup d’importance à la réflexion théorique, à la philosophie, aux combats idéologiques, mais… ...
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"C’est la même main qui écrit et qui peint : l’une trace la mémoire, l’autre la lumière"
Peintre depuis toujours, écrivain couronné du prix Goncourt, Tahar Ben Jelloun explore depuis des décennies les territoires de l’émotion et de la mémoire. Entre mots et couleurs, son exposition au Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain à Rabat a révélé au grand public l’unité profonde de cette double pratique.
Art 360 : L’exposition au Musée Mohammed VI à Rabat a révélé au public combien vos mots et vos couleurs dialoguent. En quoi cette mise en regard a-t-elle, selon vous, éclairé votre imaginaire de manière singulière ?
Tahar Ben Jelloun : L'exposition au Musée Mohammed VI d'art contemporain et moderne a été pour moi une consécration, une sorte de légitimité dont l'écrivain avait besoin pour exercer son nouveau mode de création.
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"Saint-Paul de Vence est une destination incontournable de l’art contemporain"
À la tête de la galerie 46 St Paul, Annabelle Audren incarne une nouvelle génération de galeristes pour qui la Côte d’Azur, plus qu’un décor, est un territoire d’expérimentation curatoriale. Elle défend une approche ouverte et exigeante, mêlant artistes émergents et confirmés, art et design, ancrage local et rayonnement international.
Art 360 : Avant d’ouvrir la galerie 46 St Paul, vous avez dirigé la Fondation CAB. En quoi cette expérience, à la croisée de l’institution et du lieu privé, a-t-elle influencé votre vision du rôle d’une galerie aujourd’hui ?
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Restitution des œuvres d’art : « Il est urgent de réinventer une nouvelle forme de gouvernance culturelle »
Par FRANÇOIS BLANC
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"Bien communiquer est un art à forte valeur ajoutée"
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