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et la culture…
Mathias Kiss

Au Petit Palais pour Nuit Blanche 2026

"Avec le miroir, je mets le monument en mouvement"
Artistes | Arts
20.05.2026


Propos recueillis par
FRANÇOIS BLANC
Biographie >>>

À l’occasion de Nuit Blanche 2026, Mathias Kiss investit le Petit Palais avec Liquid Mirror, une installation in situ soutenue par la Fondation Loo&Lou pour l’art contemporain. 

Formé aux métiers de la peinture, de l’ornement et de la restauration des Monuments historiques, l’artiste déplace depuis plusieurs années les codes classiques vers une œuvre contemporaine où l’artisanat, l’architecture, le reflet et la perception se rencontrent. 

Au Petit Palais, monument de 1900, son miroir fragmenté devient une matière fluide, presque numérique, qui dialogue avec l’histoire du lieu autant qu’avec la présence des visiteurs.

 

François Blanc : vous avez été formé à la peinture, au décor et à la restauration des Monuments historiques. Que reste-t-il aujourd’hui de cette formation dans votre travail d’artiste ?

Mathias Kiss : Tout mon travail actuel découle de cette formation auquel je dois tout, même si j’ai parfois envie de lui tordre le cou !

 

FB : Avec, vous intervenez au Petit Palais, lieu d’histoire, de décor et de lumière. Comment avez-vous abordé ce dialogue avec l’architecture ?

Mathias Kiss : Tout d’abord, avec un grand respect et une reconnaissance sincère. Apprenti, je travaillais dans ce lieu en restauration, ce qui est par définition l’inverse de la création, j’y reviens avec un œil  « libre » en essayant de créer un dialogue et lui rendre hommage.

 

FB : Votre installation semble faire glisser le miroir de la verticalité vers le sol. Est-ce une manière de rendre le monument plus mobile, plus vivant ?

Mathias Kiss : Exactement, le miroir devient mouvant, vivant, il représente notre époque qui s’infiltre dans le lieu. Il nous oblige à le contempler différemment, le découvrir ou le redécouvrir, j’espère.

 

FB : Les modules carrés de Liquid Mirror évoquent le pixel. Que vous permet cette rencontre entre langage numérique et patrimoine architectural ?

Mathias Kiss : Le monument du Petit Palais est fascinant, tout est disproportionné, introduire un miroir sous la forme de mosaïque en écho au sol existant me paraissait naturel, créer un pont avec notre époque numérique, était nécessaire pour moi !

 

FB : Le miroir capte le lieu, la lumière et les visiteurs. Quelle place donnez-vous au public dans cette œuvre en perpétuelle transformation ?

Mathias Kiss : Je souhaite sincèrement que mon intervention ne « remplisse » pas, mais qu’elle soit de l’ordre de la sensation, de la contemplation, que chacun puisse y puiser un souvenir, un regard, un amusement, un clin d’œil ludique ou nostalgique.

J’aimerais beaucoup que les enfants captent dans un petit coin de leur tête ce souvenir, qu’ils y créent des histoires et des souvenirs de lumière, qu’ils retiennent que l’art actuel peut être accessible sans « connaissance » et que le public s’approprie ce miroir, qu’ils deviennent un lien entre passé et monde contemporain.

 

FB : Nuit Blanche 2026 est placée sous le thème de l’amour. Comment cette idée se manifeste-t-elle dans Liquid Mirror, au-delà de toute représentation directe ?

Mathias Kiss : Liquid Mirror est un lac, une flaque, une intrusion dans un lieu défendu, il permet a chacun de se poser ensemble, autour, de river, de la critiquer, de ne contempler pas lui, mais nous, ensemble. Un rêve d’enfant sans doute d’introduire un bout de nature « sauvage » à l’intérieur, de partager ce rêve. Merci à Barbara Butch pour ce thème apaisant…

 

FB : Votre œuvre traverse l’art contemporain, l’artisanat, le décor, le design et l’architecture. Ce refus des frontières est-il central dans votre démarche ?

Mathias Kiss : Je n’ai jamais vraiment séparé l’art, l’artisanat, le décor, le design ou l’architecture. Mon parcours m’a appris que ces frontières sont souvent plus institutionnelles que réelles. Une corniche, une dorure, un miroir, un plafond peint peuvent devenir des œuvres s’ils sont déplacés, réinterrogés, rendus autonomes.

Depuis Miroir FroisséWithout 90°Golden Snake ou Besoin d’Air, j’essaie de faire basculer des savoir-faire classiques dans une pensée contemporaine de l’espace. Ce qui m’intéresse, c’est le moment où le décor cesse d’être décoratif pour devenir un langage critique. 

 

FB : La Fondation Loo&Lou soutient ce projet au Petit Palais. Que rend possible, selon vous, l’accompagnement d’une fondation dans une œuvre in situ ambitieuse ?

Mathias Kiss : Une œuvre comme Liquid Mirror ne peut exister que si plusieurs énergies se rencontrent : un artiste, un lieu, une institution, une fondation, une équipe technique, un public. 

La Fondation Loo&Lou accompagne depuis longtemps des projets pour Nuit Blanche, souvent dans des lieux patrimoniaux ou publics. Ce soutien est précieux parce qu’il permet de produire une œuvre ambitieuse, visible, accessible, sans la réduire à un objet. 

Pour moi, une fondation peut créer les conditions d’une rencontre : entre un geste artistique, un monument et des visiteurs qui ne seraient peut-être pas venus chercher cette expérience. 

 

FB : Art360 s’intéresse à la médiation et à la réception des œuvres. Qu’aimeriez-vous que les visiteurs ressentent ou comprennent en traversant Liquid Mirror ?

Mathias Kiss : J’aimerais que les visiteurs emportent d’abord une sensation. Qu’ils aient l’impression d’avoir vu le Petit Palais autrement, non comme un décor immobile, mais comme un espace traversé par la lumière, le reflet, le mouvement.

S’ils connaissent mon travail, ils retrouveront peut-être des questions présentes depuis longtemps : le miroir, l’angle, le ciel, l’ornement, la déconstruction des codes classiques. Mais il n’est pas nécessaire de tout savoir. 

L’œuvre doit pouvoir agir immédiatement. Elle peut être comprise par le regard, par le corps, par la surprise de se voir soi-même inclus dans le monument.

 

www.mathiaskiss.com

Atelier Mathias Kiss
151 avenue Jean Jaurès 75019 Paris

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Comment Internet démultiplie une exposition 100% virtuelle ?
Médias
10 Octobre 2014 | 01:10

L'exposition 100% virtuelle ou la culture à portée de tous


Propos recueillis par
AURÉLIA BOURQUARD
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A l’occasion de la Biennale de Belleville 2014, Marie Maertens, journaliste et critique d’art, qui collabore régulièrement aux revues Connaissance des Arts, Arts Programme et Balthazar, elle écrit aussi dans Artpress et Blast, a curaté l’exposition, Brooklyn Belleville, une exposition d’un genre nouveau : pas de lieu, pas d’œuvres physiques.

Une exposition 100% virtuelle où le spectateur est invité non pas à regarder mais à écouter les descriptions faites par les artistes eux-mêmes de leurs œuvres. A l’instar du regretté Edouard Levé qui avait publié en son temps l’ouvrage Œuvres, six artistes proposent donc le récit d’ ...

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Développer une stratégie de marque est-elle devenue vitale pour les musées ?
Institutions | Marché
04 Juillet 2014 | 02:07

La Tate et le British Museum comptent parmi les institutions qui ont adopté la marque comme stratégie


Propos recueillis par
JULIE SAUCÈDE
Biographie >>>

D’après un article publié sur le site du quotidien The Guardian, les directeurs des musées ont aujourd’hui appris à considérer la notion de « marque » dans leur stratégie. Elle est maintenant perçue comme essentielle pour se distinguer. Mais il semble par ailleurs, que pour certains curateurs, la marque tend à alimenter le conformisme et le corporatisme.

En réalité, certaines institutions muséales telles que le British Museum, le Met ou bien encore le Prado ont toujours eu une forte identité et réputation, sans que l’on parle de stratégie de marque.

Mais si l’on insiste aujourd’hui sur l’importance de « brander » son musée, c’est bien parce que de nouveaux faits ont bouleversé la place de ces ...

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Les Google Glass sont-elles un plus pour attirer le public vers les musées ?
Institutions | Marché | Médias
04 Juillet 2014 | 02:07

Les lunettes intelligentes Google Glass vont s’inviter dans la visite « augmentée » des musées.


Propos recueillis par
JULIE SAUCÈDE
Biographie >>>

Le projet Google Glass est un programme de recherche et développement lancé en 2014 par Google. Les Google Glass sont des lunettes affichant des informations issues d’Internet en surimpression de la vue classique (principe de la réalité augmentée).

Il n’en fallait pas plus pour que le monde des musées s’intéresse à ce projet alors même que la technologie des Google Glass est toujours en phase d’expérimentation.

Selon l’entreprise GuidiGo spécialisée dans les audio-guides et applications touristiques et muséales, ces lunettes d’un nouveau genre permettraient aux visiteurs d’avoir accès à plus de contenu en étant face à une œuvre.
Il serait dès lors possible de voir des détails que nous n’aurions pas remarqués ou tout simplement de zoomer sur l’œuvre pour en découvrir les moindres ...

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Comment les Relations Presse sont-elles devenues indispensables au monde de l’art ?
Institutions | Marché | Médias
16 Juin 2014 | 08:06

Dire sans être vu : quand la communication révolutionne le monde de l’art.


Propos recueillis par
MARIE DUFFOUR
Biographie >>>

Un article publié sur le site Gallerist du New York Observer il y a quelque temps avait attiré notre attention. Celui-ci souligne l'importance grandissante des relations presse dans le monde de l'art.

Il fut un temps où l'on n'y pensait pas. Puis où l'on osait pas. Maintenant, la question ne concerne plus la nécessité mais le choix de la stratégie de relations presse à adopter. La bonne communication n’est pas aussi visible qu’on le penserait, c’est une arme furtive. Elle est partout et nulle part à la fois. Elle doit s’immiscer dans les moindres recoins, être omniprésente tout en sachant se faire discrète.

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