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>>> 20.05.2015

Tornabuoni Art à Art Basel Feature avec quatre chefs-d’œuvre de Paolo Scheggi

Infos Pratiques

TORNABUONI ART
ART BASEL FEATURE
STAND C4
18-21 JUIN 2015
 
ART BASEL, BÂLE
Feature, Stand C4
18-21 juin 2015
Messeplatz 10
4055 Basel, Suisse
 
Tornabuoni Art
16, Avenue Matignon, 75008 Paris
Heures d’ouverture : du lundi au samedi, 10h30 - 18h30
 
 


Légendes photos du haut:
 
Paolo Scheggi, Intersuperficie curva dal bianco, 1966
acrylique sur trois toiles superposées
cm 133 x 133 x 6 / in 52.4 x 52.4 x 2.4
Courtesy Tornabuoni Art
 
Paolo Scheggi, Intersuperficie curva dall’azzuro, 1966
acrylique sur trois toiles superposées
cm 133 x 133 x 6 / in 52.4 x 52.4 x 2.4
Courtesy Franca & Cosima Scheggi
 
Paolo Scheggi, Intersuperficie curva dal rosso, 1966
acrylique sur trois toiles superposées
cm 133 x 133 x 6 / in 52.4 x 52.4 x 2.4
Courtesy Franca & Cosima Scheggi
 
Paolo Scheggi, Intersuperficie curva dal giallo, 1965
acrylique sur trois toiles superposées
cm 133 x 133 x 6 / in 52.4 x 52.4 x 2.4
Courtesy Museum für Konkrete Kunst d’Ingolstadt,
Allemagne
 

Légende photo du bas:

Michele Casamonti, devant l'œuvre de Paolo Scheggi 
Intersuperficie curva dal bianco, 1966
Courtesy Tornabuoni Art        
 
 
 
Réunis pour la première fois depuis la Biennale de Venise de 1966, ces quatre chefs-d'oeuvre de Paolo Scheggi seront présentés par Tornabuoni Art à Art Basel Feature.
 
Une interview de Michele Casamonti, à la tête du groupe Tornabuoni Art
 
Paolo Scheggi a exposé à l’âge de 26 ans aux côtés de Lucio Fontana et Agostino Bonalumi lors de la Biennale de Venise en 1966. Comment cet artiste s’est-il hissé aussi rapidement aux côtés des plus grands ?
 
Parti de Florence, Paolo Scheggi a été dès son arrivée à Milan en contact direct avec Dadamaino, Bonalumi, Castellani, etc. Il s’est retrouvé parmi cette génération de jeunes artistes, dialoguant et échangeant directement avec eux. Tous avaient entre 25 et 30 ans et suivaient la nouvelle voie ouverte par Lucio Fontana.
 
Je souhaiterais rappeler ici que Lucio Fontana avait un rapport particulier avec Paolo Scheggi. Ils entretenaient une correspondance, dont est notamment issue une lettre très importante, de 1962, publiée dans plusieurs catalogues et dans laquelle Fontana écrit : « Ton œuvre est très intelligente, comme logique, même s’il peut exister des divergences entre nous, qui sont en ta faveur. Tu es un homme de ton temps [….] J’aime tes inquiétudes, tes recherches et tes tableaux si profondément noirs, rouges, blancs, qui indiquent ta pensée, ta crainte. Je ne peux que te souhaiter d’avoir une carrière ''heureuse'' et te rappeler de rester humble, très humble. Nous ne sommes ''rien'' devant le temps. »
 
Dans cette lettre, Fontana nous montre l’estime et l’admiration qu’il portait non seulement à la personnalité mais aussi au travail de Paolo Scheggi. Tout en l’invitant à rester humble, il reconnaît des qualités indéniables aux œuvres de Scheggi et nous montre ainsi qu’il a inconditionnellement marqué par sa personnalité et sa présence ce contexte artistique d’avant-garde absolue.
 
Pour Art Basel, vous reconstituez la salle occupée par Scheggi lors de la Biennale de 1966. Comment avez-vous mené à bien ce projet ?
 
La Biennale de Venise de 1966 est extrêmement importante pour la recherche artistique qui se développe à Milan à cette période, notamment sur le monochrome mais aussi pour différentes recherches menées par les artistes du groupe Azimut.
 
Dans le Padiglione Italia, étaient réunis non seulement Lucio Fontana avec ses entailles déjà devenues célèbres, et Agostino Bonalumi avec un tableau monochrome blanc mais aussi Paolo Scheggi qui occupait l’espace avec une installation complète dépassant les six mètres de longueur. 
 
Je connais les photos de cette installation depuis que j’ai commencé ce métier, depuis que j’ai découvert et étudié le travail et l’œuvre de Scheggi, ainsi que les rapports existant entre ces trois artistes lors de cette Biennale de Venise.
 
J’ai pu acquérir l’un des quatre tableaux exposés à la Biennale de 1966 et je savais où deux autres se trouvaient (dans des collections particulières). Quant au dernier, le jaune, j’ai pu entrer en contact avec le Museum für Konkrete Kunst d’Ingolstadt en Allemagne qui possède cette œuvre de Scheggi au sein de sa collection. 
 
C’était un projet compliqué mais je souhaitais vraiment le mener à bien et réaliser ce vieux rêve de montrer presque 50 ans plus tard ces quatre œuvres réunies à nouveau.
 
Ce projet est né au moment où nous commencions à  travailler sur la grande rétrospective que nous présenterons en octobre prochain à la galerie Tornabuoni Art à Paris. Mais la possibilité de la montrer à Art Basel Feature fut pour nous une occasion formidable de pouvoir montrer l’installation entière à un large public et de montrer à tous la richesse et la puissance du travail de Paolo Scheggi.
 
À l’occasion d’Art Basel, vous allez éditer un catalogue d’exposition spécifique pour célébrer cet événement. Quel est le contenu de ce catalogue et en quoi anticipe-t-il le 12 ème catalogue sur Paolo Scheggi prévu pour la rétrospective de l’automne prochain ?
 
Je ne sais pas quand pourra avoir lieu la prochaine réunion des quatre tableaux de la Biennale de Venise de 1966, et j’ai sauté sur cette occasion unique pour la galerie de célébrer le travail de recherches et de documentation que représente cette reconstitution, notamment l’installation en tant que telle mais aussi toute la documentation retraçant la participation de Paolo Scheggi à la Biennale.
 
Nous avons fait une recherche d’archives très pointue afin de retrouver tous les visuels, toutes les photographies de Scheggi datant de sa participation à la Biennale mais aussi d’avant, comme par exemple la photo de Scheggi dans son atelier, entouré des quatre tableaux ; des documents concernant le pavillon italien ; des photos magnifiques, inédites de Julio Le Parc, Lucio Fontana, Agostino Bonalumi et d’autres artistes de cette Biennale, y compris des photographies extraordinaires où l’on voit Denise Renée ou Ileana Sonnabend.
 
C’était donc une très belle occasion de les publier pour Art Basel 2015, dans un premier volume, qui sera suivi par un second, plus important en taille, plus généraliste et dédié à la rétrospective de Scheggi à la galerie à Paris en octobre prochain.
 
La rédaction du catalogue est sous la direction de Luca Massimo Barbero, commissaire de l’exposition d’octobre, qui est non seulement le responsable de l’Associazione Paolo Scheggi et l’expert de son œuvre mais aussi senior curator de la Peggy Guggenheim Collection de Venise.
 
On entend beaucoup parler de Paolo Scheggi lors des ventes d’art contemporain aujourd’hui. Quelle est l’évolution de ce marché selon vous ?
 
Les ventes publiques des quatre dernières années montrent que les tableaux de Paolo Scheggi n’arrêtent pas de susciter l’intérêt des collectionneurs. Non seulement tous les tableaux sont vendus mais en plus les prix dépassent deux à quatre fois les estimations les plus hautes.
 
Cette évolution fulgurante de Scheggi sur le marché de l’art peut s’illustrer notamment avec une œuvre comme Intersuperficie Blu – Opera 6, datant de 1965 vendue une première fois en décembre 2006 lors de la vente Porro & C. à Milan et une seconde fois en octobre 2014 chez Sotheby’s à Londres. Lors de la vente italienne, ce tableau est parti pour la somme de 29 000 € (prix marteau) et lors de la vente anglaise, le tableau a trouvé preneur pour la somme de 437 885 € (prix marteau)… soit une progression de plus de 1800 %.
 
Il est impossible et inutile de juger l’évolution du marché en se basant sur un seul tableau, mais force est de constater que l’œuvre de Scheggi, malgré des interrogations quant aux possibilités pour cet artiste d’atteindre le million d’euros, atteint aujourd’hui des sommes records comme lors de la vente du 11 février 2015 chez Christie’s à Londres où un tableau s’est vendu 1 319 178 £.
 
Il y a peu de tableaux sur le marché car sa production fut assez limitée. Nous pouvons compter sur les doigts de la main le nombre de tableaux de qualité exceptionnelle, et les collectionneurs sont prêts à tout pour ajouter ces œuvres à leur collection sachant qu’une fois une occasion passée, il y a peu de chance que cette occasion se représente. C’est pourquoi les prix sont en train de s’envoler et de dépasser toutes les attentes des dernières années.
 
Aujourd’hui un Scheggi de qualité se vend entre un demi-million et un million d’euros.
 
L’Italie et ses artistes semblent plus que jamais attirer les foules aussi bien dans les salles de ventes que dans les musées où l’on a pu voir de nombreuses expositions consacrées à l’art italien d’après-guerre. Comment expliquez-vous l’intérêt que suscite cette scène artistique ?
 
La magnifique rétrospective de Lucio Fontana au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, l’exposition Azimut/h. Continuity and Newness à la Peggy Guggenheim Collection de Venise ou l’exposition à venir Alberto Burri: The Trauma of Painting au Guggenheim de New York sont des exemples d’expositions qui témoignent de l’intérêt du grand public et des collectionneurs pour l’art italien.
 
Il y a un intérêt car la scène culturelle italienne du début des années 60, surtout le contexte milanais développé autour de Fontana, est réellement une des sources principales du langage développé dans l’art contemporain d’aujourd’hui.
 
Il est donc normal que des collectionneurs qui s’intéressent aux artistes d’aujourd’hui veuillent aller aux sources de cet art, retrouver les origines de ce langage, de ce changement culturel qui s’est produit après la Seconde Guerre mondiale.
 
Ce sont des collectionneurs qui aiment les œuvres de Fontana, de Manzoni, de Castellani, de Boetti, de Scheggi.
 
Vous préparez une grande exposition Paolo Scheggi à la galerie en octobre prochain, pouvez vous nous en dire plus ?
 
L’exposition du mois d’octobre prochain sera la plus riche rétrospective consacrée à l’artiste dans une galerie privée. Ce solo show retracera le parcours, les étapes fondamentales de sa brève mais très intense carrière artistique.
 
L’exposition partira des tableaux sur métal de la fin des années 50 en passant par les premières Intersuperficie du début des années 60 avec des formes irrégulières et organiques, pour arriver aux installations de la seconde partie des années 60.
 
Une partie importante du catalogue que nous allons éditer sera consacrée à la toute dernière partie de sa carrière artistique qui est dédiée à la parole, à la recherche sur la parole, l’écriture, la performance et donc à des œuvres que très peu de personnes connaissent, datant de 1969, 1970 et 1971. Cette partie de son œuvre,  presque inconnue, qui pour moi est extraordinaire, est celle qui suscitera une grande surprise pour les visiteurs et la critique.
 
 

Légendes photos du haut:
 
Paolo Scheggi, Intersuperficie curva dal bianco, 1966
acrylique sur trois toiles superposées
cm 133 x 133 x 6 / in 52.4 x 52.4 x 2.4
Courtesy Tornabuoni Art
 
Paolo Scheggi, Intersuperficie curva dall’azzuro, 1966
acrylique sur trois toiles superposées
cm 133 x 133 x 6 / in 52.4 x 52.4 x 2.4
Courtesy Franca & Cosima Scheggi
 
Paolo Scheggi, Intersuperficie curva dal rosso, 1966
acrylique sur trois toiles superposées
cm 133 x 133 x 6 / in 52.4 x 52.4 x 2.4
Courtesy Franca & Cosima Scheggi
 
Paolo Scheggi, Intersuperficie curva dal giallo, 1965
acrylique sur trois toiles superposées
cm 133 x 133 x 6 / in 52.4 x 52.4 x 2.4
Courtesy Museum für Konkrete Kunst d’Ingolstadt,
Allemagne
 

Légende photo du bas:

Michele Casamonti, devant l'œuvre de Paolo Scheggi 
Intersuperficie curva dal bianco, 1966
Courtesy Tornabuoni Art        
 
 
 

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18-21 JUIN 2015
 
ART BASEL, BÂLE
Feature, Stand C4
18-21 juin 2015
Messeplatz 10
4055 Basel, Suisse
 
Tornabuoni Art
16, Avenue Matignon, 75008 Paris
Heures d’ouverture : du lundi au samedi, 10h30 - 18h30
 
 

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