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Caroline Gueye, artiste et physicienne, au Pavillon du Sénégal à la 61ᵉ Biennale de Venise.
Pour la 61e Biennale de Venise, et sa deuxième participation, le Sénégal met à l’honneur l’artiste Caroline Gueye, dont le projet « WURUS* » sera présenté du 6 mai au 22 novembre 2026 au sein du Palazzo Navagero. Curatée par Massamba Mbaye, l’exposition propose un dialogue sensible entre création artistique, recherche scientifique et mémoire historique.
Caroline Gueye, née au Sénégal et formée en France, aux États-Unis et en Chine, se distingue par un parcours transdisciplinaire rare : elle conjugue sciences fondamentales et création artistique, avec une pratique nourrie par l’expérimentation, des références scientifiques et une ambition plastique affirmée. Son travail interroge les relations entre astrophysique, sculpture murale, installation, lumière, matériaux et spatialité, créant des œuvres où chaque élément dialogue avec l’autre.
« WURUS* » : l'or en wolof
Dans « WURUS* », l’or cesse d’être une simple matière précieuse pour devenir un révélateur des systèmes de valeur, en articulant des dimensions cosmiques, historiques et politiques. Dans « WURUS* », l’or n’apparaît pas : il se construit dans le regard.
L’œuvre relie l’origine céleste du métal à l’histoire du Sénégal et de l’empire du Mali, évoquant la figure emblématique de Mansa Kanka Musa, tout en ouvrant une réflexion contemporaine sur l’extraction des ressources, les enjeux environnementaux et les droits humains. Réalisées notamment en polymer bronze et en laiton, les œuvres prolongent cette réflexion par un dialogue entre matérialité et perception de la valeur.
Pour Caroline Gueye, l’art naît de l’espace lui-même : voir devient une expérience physique, et le lieu d’exposition se transforme en partie intégrante de l’œuvre. Conçue en dialogue avec l’architecture du lieu, l’exposition reconfigure l’espace en un parcours perceptif où certaines œuvres apparaissent à travers des ouvertures, tandis que d’autres s’inscrivent dans des dispositifs muraux qui engagent le corps et déplacent les conditions de la perception. Par ces jeux d’optique et de perception, l’artiste déplace la question de la valeur : celle-ci ne réside plus dans l’objet, mais dans le regard qui le constitue.
Sa formation en physique, notamment en astrophysique et en physique atomique, ne détermine pas sa pratique mais constitue un outil conceptuel, au service d’une recherche artistique autonome. Son parcours international, enrichi par l’étude du mandarin en Chine, nourrit une pratique attentive aux circulations culturelles et aux différentes manières d’appréhender le monde, affirmant une démarche artistique singulière à la jonction des sciences, des cultures et des formes contemporaines.
L’artiste sera présente à Venise dès le mois d’avril afin de déployer et finaliser son œuvre inédite conçue spécifiquement pour le lieu. Cette phase de travail in situ constitue un moment essentiel du projet, jusqu’à sa présentation officielle lors des journées de vernissage (6–8 mai).

